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Les mères de famille grandes perdantes de la réforme Delevoye

mercredi 27 novembre 2019

Selon une étude de l’Institut de la protection sociale publiée mardi 26 novembre, la réforme des retraites telle qu’elle est proposée par le Haut commissaire Jean-Paul Delevoye conduirait à une « baisse programmée pour de nombreuses femmes » .

Dans la perspective d’une mobilisation qui s’annonce puissante et potentiellement durable contre la réforme des retraites, le gouvernement et le chef de l’État essaient depuis quelques jours de monter les Français contre les salariés des régimes spéciaux qui défendraient de prétendus privilèges d’un autre âge. Une bonne vieille méthode politique qui ne parvient cependant pas à masquer les effets redoutables que pourrait avoir la réforme Delevoye pour l’ensemble des travailleurs.
C’est ainsi qu’une étude de l’Institut de la protection sociale conteste l’idée que la réforme des retraites serait favorable aux femmes comme le prétend le gouvernement. En effet, selon les calculs de l’IPS, avec l’introduction d’un âge pivot à 64 ans, les mères de familles perdraient l’effet levier que leur apportent les trimestres qui leur manquent pour atteindre le taux plein avec les règles actuelles. Aujourd’hui dans le régime de retraite de base, à partir de 3 enfants, chaque parent voit sa pension majorée de 10% et dans les complémentaires Agirc-Arrco la pension est également majorée de 10% limité (plafonnée à 2 074,66 € ). Demain, la réforme Delevoye prévoit une majoration de 5% par enfant à l’un des 2 parents, le choix devant être fait au 4ème anniversaire de l’enfant, sinon c’est la mère qui en bénéficiera. Résultat pour une femme une femme au Smic gagnant 15 000 euros par an et ayant cotisé 152 trimestres, la perte serait de 750 euros par an avec un enfant et de 1 633 euros avec deux enfants, selon les calculs réalisés par l’IPS. Pour une femme cadre gagnant 40 000 euros par an, le manque à gagner atteindrait 2 000 euros par an si elle est mère d’un enfant et 4 354 euros si elle en a deux. La perte serait ainsi de l’ordre de 9,09 % pour les mères d’un enfant alors qu’elles ont travaillé 38 années et de 17,21 % si elles ont deux enfants. « Les 5 % de majoration s’avèrent moins avantageux que le système actuel aussi bien pour les femmes seules que pour les familles nombreuses« , analyse l’IPS dont nous reproduisons ci dessous deux cas simulés.

« Le paradoxe de la réforme Delevoye est qu’elle va pénaliser les femmes alors que le système actuel leur devenait plus favorable. Nous sommes ainsi à un moment où les femmes ont augmenté de manière spectaculaire leur durée d’assurance et c’est justement ce moment que choisit le gouvernement pour proposer une réforme qui va fortement relativiser l’intérêt de la durée d’assurance.  »
Bruno Chrétien, président de l’IPS

Article publié dans la NVO