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Billet d’actualité du 6 janvier 2017
Meilleurs vœux de lutte aux fonctionnaires pour 2017

vendredi 6 janvier 2017

L’enjeu du débat électoral en 2017 est le maintien ou non de la république démocratique et sociale établie en 1945.

Concernant la sécurité sociale, certains programmes sont clairs, les soins qui concernent la majorité des citoyens devraient être transférés aux mutuelles ou aux assurances et sortir du régime général.

Les conditions d’une mise en concurrence réunies, il n’y aurait plus qu’à laisser faire les forces du marché pour que les assurances laissent les coûts les plus onéreux à la sécurité sociale, et fassent du bénéfice sur tout le reste de la santé.

C’est la même logique de privatisation rampante qui se cache derrière les propositions de suppression de 500.000 fonctionnaires.

Avec 110.000 départs en retraite par an dans les trois versants, il sera impossible de ne faire aucun recrutement pendant 5 ans, donc l’opération est plus retorse que zéro recrutement.

L’objectif est de créer les conditions d’un transfert au privé de pans entiers des missions publiques. Après tout la transformation en sociétés anonymes de France Telecom et de la Poste a bien été réussie, avec la perte du statut pour tous les nouveaux entrants. Mais ça a été bien long aux yeux des réformateurs. Pour arriver à 500.000 on additionnerait les non recrutements, mais aussi les transferts aux nouveaux opérateurs des délégations de service public.

Pour faire cela le statut des fonctionnaires est un obstacle.

L’idée est donc de passer sur statut privé tous les nouveaux entrants pour une part importante des missions publiques, dite « non régaliennes ».

Les fonctionnaires en place dans ces secteurs auraient un « droit d’option » pour abandonner le statut.

La conservation du statut de fonctionnaire dans les deux versants territorial et hospitalier serait tout sauf garantie dans de telles conditions.

Quant aux fonctionnaires sous statut maintenu, ils perdraient le principe de carrière pour passer à une fonction publique d’emploi, introduisant de la précarité et moins d’indépendance par rapport au politique.

L’idée est celle du « nouveau management public », ce n’est plus à la puissance publique de prendre en charge directement les missions publiques, et elle doit pouvoir choisir entre la régie directe ou une délégation de service public. Elle doit donc pouvoir transférer des agents du public au privé sans obstacle statutaire.
S’attaquer au statut des fonctionnaires, c’est d’abord un objectif politique de remise en cause de la nature de la puissance publique. C’est la liquidation du préambule de la constitution de 1946 et des devoirs qu’il impose à la puissance publique qui est recherchée : droit au travail, à la santé, à la sécurité matérielle et à des moyens convenables d’existence, à l’éducation et à la culture.

Défendre le statut des fonctionnaires c’est défendre la république démocratique et sociale, c’est défendre un ordre politique au service de tous et non des intérêts de quelques-uns.

Nous aurons besoin de réussite dans nos luttes sur cette question, et nous commencerons à nous en emparer le 24 janvier pour la journée organisée par l’UGFF sur les 70 ans du statut.